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José Van Dam - Bariton/Bass

Presse

Recital, Grand Théàtre de Genève, Dezember 2010

«Troublante mélancolie </p> <p>Le baryton-basse belge José Van Dam donnait un récital très attendu, dimanche soir au Grand Théâtre de Genève. Malgré de sérieuses fragilités, son art continue d’émouvoir </p> <p>La présence. Le poids des mots. José Van Dam en impose rien que par son allure. Dimanche soir au Grand Théâtre de Genève, ce patricien de 70 ans aborde le genre périlleux de la mélodie française devant une salle comble. On lui réservera une standing à la fin du récital, et il viendra signer des disques dans le hall attenant à la grande salle pour la plus grande joie de ses admirateurs. </p> <p>Oui, il y avait un parfum d’événement historique, ce soir-là. José Van Dam, c’est une encyclopédie à lui seul, entre les rôles de baryton brillants (Escamillo, Leporello) et les compositions plus sombres et approfondies (Golaud, Simon Boccanegra, Philippe II, Méphisto, Hans Sachs) qui ont jalonné une carrière immense. Maciej Pikulski lui tisse un accompagnement somptueux, d’une richesse de coloris et d’une finesse de toucher peu commune. Ce pianiste polonais sait faire miroiter les arpèges dans l’aigu et faire résonner les basses dans le grave de l’instrument. Dommage que José Van Dam ne puisse déployer pareil spectre de couleurs, handicapé par certaines fragilités. </p> <p>A 70 ans, son timbre n’a plus le lustre d’antan; il s’est quelque peu terni pour prendre une étoffe cendrée. Le chanteur nimbe les mélodies d’une mélancolie tantôt envoûtante, tantôt excessive – un peu tout dans la même teinte. La diction reste admirable, qui permet de saisir chaque mot sans devoir se pencher sur les notes de programme. Son art du legato lui permet de fondre les mélodies dans des courbes amples, mais l’aigu, malaisé, comme le grave, qui ne sonne pratiquement plus, trahissent une certaine usure. </p> <p>Le plus délicat, ce sont ces phrases suspendues à mi-voix («Repose, ô Phidylé») ou ces vocalises sur la voyelle «ah» où la voix se décolore. Certaines notes paraissent voilées, le timbre devient gris, et Van Dam est alors contraint de forcer sa voix. Bref, ce qui semblait couler de source lui coûte aujourd’hui une dose d’effort. </p> <p>Certains accents demeurent bouleversants, comme dans Prison de Fauré («Mon Dieu, mon Dieu! La vie est là/Simple et tranquille!») ou Le Manoir de Rosemonde de Duparc, poignant. Le chanteur suggère très bien le désir trouble dans Les Ingénus ou l’indifférence cruelle dans Colloque sentimental de Debussy. Il joue de son humour pince-sans-rire, génial, dans Les Chansons gaillardes de Poulenc. </p> <p>Ultime pirouette, Van Dam convoque le Méphisto de La Damnation de Faust en bis. Là aussi, la voix paraît un peu fatiguée mais le numéro de charme est intact. </p> <p>le baryton belge aborde la mélodie française, genre dans lequel il excelle de Fauré, Duparc, Debussy, Certains l’auront trouvé austère...»

Julian Sykes , Le Temps, 07.12.2010