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Pavol Breslik - Tenor

Presse

Recital (Paris Bastille), Opéra Bastille Paris, April 2014

«Alors que tout Paris bruisse déjà d’impatience en attendant le prochain Voyage d’hiver de Jonas Kaufmann au Théâtre des Champs-Elysées, un autre ténor, Pavol Breslik, s’est confronté à un autre cycle schubertien, La Belle Meunière, dans une autre salle, l’Amphithéâtre de l’Opéra-Bastille, le 3 avril dernier. Caser cette œuvre, écrite, en 1823, par un compositeur déjà au faîte de sa maturité artistique, entre deux représentations de La Flûte Enchantée, est aussi courageux que délicat, car toutes les ressources expressives de la voix y sont suscitées, à un moment ou à un autre. C’est peut-être pour cette raison que le jeune ténor slovaque semble légèrement tendu aux premières minutes du concert : « Das Wandern » n’a pas tout à fait la fraîcheur un peu naïve de celui qui n’a pas encore été mordu par l’amour. Mais rapidement, l’expression s’étoffe, le regard se voile, et la voix plie sa vigueur naturelle aux aléas de ces quelques vingt mélodies. « Der Neugierige », à la nostalgie savamment dosée, précède une « Ungeduld » si exaltée qu’elle déclenche quelques applaudissements. « Mein ! », et son mélange de joie et de fierté, cède vite la place à une colère aux éclats maîtrisés (« Der Jäger »), et à un final magistral, où les trois dernières pièces semblent ne former qu’une seule et même scène, un vaste lamento sur la douleur et le renoncement à la vie. Cette intensité, qui va crescendo tout au long du concert, on la doit aussi à l’excellent Amir Katz, accompagnateur consciencieux des moindres inflexions du chanteur, et surtout coloriste hors pair ; c’est tout un paysage mouvant, tantôt réaliste, tantôt halluciné, qui se dessine et se module à l’infini sous ses doigts. C’est dans les sonates du même Franz Schubert qu’on rêve maintenant de l’entendre.»

Clément Taillia, forumopera.com, 14.04.2014

«Quelques jours avant que Jonas Kaufmann ne chante au Théâtre des Champs-Élysées le Voyage d’hiver, le ténor slovaque Pavol Breslik interprétait dans le cadre des Convergences de l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, l’autre grand cycle schubertien. </p> <p> Moins métaphysique, chargé d’une angoisse différente, la Belle Meunière n’est pas facile à traduire à la fois dans son homogénéité et sa diversité. Schubert y fait se côtoyer beaucoup de thèmes qui lui sont familiers, amour espéré ou déçu, nature et existence qui s’écoule comme la rivière. Il y a une continuité dans la diversité, un fil continu malgré la multiplicité des humeurs et des couleurs. </p> <p> Pavol Breslik a l’avantage de posséder des moyens sans problèmes. Voix saine, claire, bien timbrée, souffle parfaitement maîtrisé et surtout grand respect du texte. Comme tout vrai chanteur de mélodie, il chante d’abord le texte, sans jamais chercher l’effet vocal. Alors tout trouve sa place comme naturellement. Les couleurs pourraient parfois être plus variées, mais la dynamique tient lieu d’expression et l’articulation très précise est aussi une force. </p> <p> La nostalgie est là, moins agressive que celle du Winterreise, plus abandonnée, plus douloureuse aussi, d’une certaine manière. Il y a l’enthousiasme poétique du début avec le joyeux Das Wandern, puis les premiers doutes et les premières interrogations de Wohin. Les moments de repos alternent avec les enthousiasmantes ardeurs de Ungeduld et puis cet amour de la verdure qui se transforme en inquiétude avec ce chasseur qui rode lui aussi (Der Jäger). </p> <p> Et tout s’achève dans cette tristesse douce où le destin se mêle au flot du ruisseau omniprésent, engloutissant, compagnon de mort, après avoir été le compagnon et l’ami de l’errance. On saura gré à Pavol Breslik et à Amir Katz, son pianiste partenaire du voyage, de nous avoir entraînés dans ce périple romantique si attachant avec pudeur, sensibilité et sans la moindre faute de goût. Décidément, l’art du Lied semble connaître une belle renaissance avec cette nouvelle génération d’interprètes.»

Gérard MANNONI, altamusica.com, 14.04.2014